Mygales : choisir la taille du terrarium selon le DLS
Pour une mygale, la bonne mesure de référence n'est pas la longueur du corps mais le DLS — l'envergure pattes écartées. Tout le dimensionnement, y compris une hauteur volontairement limitée, en découle.
Le DLS : la mesure qui compte
Chez les mygales, on dimensionne le terrarium à partir du DLS (diagonal leg span, l'envergure mesurée d'une patte à la patte opposée en diagonale), et non de la longueur du corps. Le DLS reflète l'espace réellement occupé par l'animal lorsqu'il se déplace. Toutes les règles ci-dessous s'expriment donc en multiples du DLS. Le calculateur de taille pour mygale applique ces multiples selon le type d'espèce.
Terricole : large, mais surtout pas haut
Pour une mygale terricole (qui vit au sol), on vise une base spacieuse : largeur et longueur d'au moins 3× le DLS. Mais le point le plus important — et le plus contre-intuitif — concerne la hauteur : elle doit rester limitée, au plus ≈ 1,5× le DLS.
La raison est une question de sécurité. L'abdomen (l'opisthosoma) d'une mygale terricole est fragile : une chute depuis une hauteur excessive peut le rompre et être fatale. Contrairement à beaucoup d'animaux, « plus haut » n'est pas « mieux » : un terrarium terricole trop haut est dangereux. On limite donc volontairement la hauteur disponible au-dessus du substrat.
Exemple : pour un DLS de 5 cm, une mygale terricole demande une base d'au moins 3 × 5 = 15 cm de côté, et une hauteur d'au plus 1,5 × 5 = 7,5 cm.
Arboricole : la hauteur devient le critère
Pour une mygale arboricole (qui grimpe), la logique s'inverse : c'est la hauteur qui prime, avec une cible d'au moins 3× le DLS, sur une base plus modeste (de l'ordre de 2× le DLS). Ces espèces tissent en hauteur et ont besoin de supports verticaux (écorce, plante, paroi) pour installer leur retraite. Ici, le risque de chute est compensé par le comportement grimpeur naturel de l'animal et par les supports.
Fouisseuse : la profondeur de substrat
Pour une mygale fouisseuse (qui creuse), ni la base ni la hauteur libre ne suffisent : il faut une épaisseur de substrat dans laquelle l'animal puisse réellement creuser son terrier, de l'ordre de 2 à 3× le DLS. La hauteur totale du bac doit donc accueillir cette couche profonde tout en gardant la hauteur libre au-dessus du substrat raisonnable, pour les mêmes raisons de sécurité que les terricoles.
Récapitulatif des règles
- Terricole : base ≥ 3× DLS ; hauteur ≤ 1,5× DLS (anti-chute).
- Arboricole : hauteur ≥ 3× DLS ; base ≥ 2× DLS ; supports verticaux.
- Fouisseuse : profondeur de substrat ≈ 2 à 3× DLS ; hauteur libre maîtrisée.
Le tableau des tailles minimales rassemble ces repères aux côtés de ceux des serpents et des lézards.
Au-delà des dimensions
- Sécurité d'abord. Pour les terricoles et fouisseuses, ne cédez jamais à la tentation d'un bac haut « pour faire joli » : la hauteur excessive est un risque réel.
- Ventilation et humidité dépendent de l'espèce (sèche vs tropicale) — un paramètre à régler en parallèle du volume.
- Cachette. Quel que soit le morphotype, une retraite (terrier, écorce) est indispensable au bien-être de l'animal.
La méthode
- Mesurez ou estimez le DLS de l'espèce adulte.
- Identifiez le type : terricole, arboricole ou fouisseuse.
- Appliquez les multiples du DLS correspondants (base, hauteur, profondeur de substrat).
- Pour les terricoles, vérifiez surtout que la hauteur reste limitée.
Ces multiples sont des repères d'élevage reconnus, à ajuster à l'espèce précise : certaines mygales ont des exigences particulières d'humidité ou de comportement. En cas de doute, recoupez avec une fiche d'espèce spécialisée.